• Atelier 16 - Mon père

    Être père n’est pas donné à tout le monde. Le mien fut trop souvent la source de mes peines. Je craignais plus que tout de le voir s’intéresser à moi, car quand cela arrivait, ses mains s’emparaient du fouet et mes larmes ne réussirent jamais à l’arrêter.

     

    Il m’était difficile de passer incognito à l’école où les traces rouges sur ma peau interpelaient les maîtresses. J’inventais des histoires de chat chahuteur qui me griffait en jouant, mais mon institutrice n’était pas dupe.

    Un jour, mon père revint des courses avec un biscuit miniature qui représentait un couple d’amoureux. Il l’offrit à maman, pour son anniversaire, en lui disant que ce cadeau venait de lui et mon frère. Je fus saisi brusquement d’un chagrin inimaginable. Pourquoi m’avait-il rejetée ? Je l’ignore encore ! À cette époque, on ne posait pas de questions à ses parents. Je revois avec amertume le triomphe de mon frère et la joie de ma mère. Moi qui manquais cruellement d’imagination et d’argent, je lui avais offert un paquet de pâtes et j’avais demandé un emballage cadeau au magasin. Cela l’avait rendu dingue. « Les gens vont penser que je ne te nourris pas ! » J’étais mortifiée !

     

     

    Maridan 7/09/2017

    « Le défi d'Assoula »
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  • Commentaires

    7
    Vendredi 8 Septembre à 15:30

    à choisir je préfère un père inconnu... ma douce je n'imagine pas quelle a été ton enfance ... 

    je te fais de gros gros bisous .
    Nathie13or

      • Vendredi 8 Septembre à 21:18

        J'ai grandi en rêvant de mourir. Je m'imaginais mille scénarios, espérant dans chacun d'eux qu'ils éprouvent des regrets. Ils m'ont permis de me forger en tant que mère. Je savais que jamais, je ne lèverais la main sur un enfant. Que jamais je le trouverais laid, peu intelligent et je ne sais quoi d'autre. Quand je disais à mon fils qu'il était beau, ma mère me disait arrête de dire cela tu vas en faire un pédé! Dramatique non! Ma fille et mon fils sont bien dans leur peau et on une force que je n'avais pas. Celle de se moquer du quand dira t on. Ils vivent leur vie sans se préoccuper des mauvaises langues et je les admire pour cela. Voilà ma douce, tu en sais un peu plus à présent. Et toi ma belle comment vas-tu? C'est quoi cette historie de bras ? Je t'embrasse affectueusement ainsi que ta chère Lili.

    6
    Vendredi 8 Septembre à 07:09

    Mon dieu Marie........... Les mots me manquent............Je compatis......Nul doute que cela laisse des traces insurmontables........Comme tu as du en souffrir..........Je ne comprendrai jamais ces comportements.......

    Je ne sais plus quoi dire...........♥♥♥

      • Vendredi 8 Septembre à 21:14

        J'ai fais la paix avec cela. Le cancer m'a permis de me recentrer sur l'essentiel. A savoir aimer ceux qui m'aime et ne pas m'attarder à essayer de comprendre pourquoi ce n'est pas le cas pour tout le monde. Moi j'aime les gens, je me moque bien des a priori, des rumeurs. Je pense que chaque être humain a sa part d'ombre, et c'est à nous de nous adapter pour l'aider à la faire disparaître. Le fait d'en parler avec lui m'a permis de faire le deuil de ce passé. Ce passé m'a aussi permis de laisser à mes enfants le choix de décider de leur vie et d'en assumer les risques. Je ne les ai jamais bridés, sauf pour qu'ils passent leur bac, après je savais que quel que soit leur choix, ils auraient toujours la possibilité de reprendre des études et de changer d'orientation. En tant que parent nous n'avons pas à les museler, juste à les accompagner, j'aurais adoré grandir comme cela, bien des lacunes auraient pu être évitées. Mes enfants n'ont jamais douté de mon amour pour eux c'est l'essentiel pour moi.

        Gros bisous Ghislaine et merci pour ce tendre message. Bonne soirée à toi mon amie

         

    5
    Jeudi 7 Septembre à 23:34

    Coucou, j'ai écrit chez Nathie 13 or,

    et me voilà sur ton blog, c'est assez drôle. 

    Mais j'ai pris plaisir à écrire sur mon Papa, que j'aime beaucoup, même s'il n'est plus.

    Amitiés à toi Maridan.

      • Vendredi 8 Septembre à 21:08

        Ravie de t'accueillir, j'ai beaucoup aimé la note positive de ton texte. Mon père m'aimait aussi, mais il s'y prenait très mal. J'ai fait la paix avec lui, un an avant qu'il ne disparaisse. Cette année a apaisée toutes mes douleurs passées, car nous avons pu en parler sereinement. Bisous et merci d'avoir joué le jeu.

         

    4
    Jeudi 7 Septembre à 21:27

    Elles ont déjà rédigé de très jolis textes : 

    • Nathie13or
    • Ghislaine
    • Sylvie tout court, son texte est sur le blog de Nathie dans les premiers commentaires. Il est très beau lui aussi. Je vous invite à découvrir son blog : Sylvietoutcourt
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