• Atelier 16

    Photo Félicia Simon

     

    Cela faisait plusieurs jours qu'elle traînait dans les bois pour ne pas répondre aux questions que son amour ne cessait de lui poser. Son premier mouvement avait été de fuir. Elle avait préféré quitter sa maison plutôt qu'affronter le reflux de ses souvenirs douloureux.

    Au coeur de la nuit, face à ses arbres immenses et sombres, elle se sentait mille fois mieux qu'au coeur de la société des humains. Oh! Elle n'était pas si naïve et savait bien que ce n'était qu'un leurre. La réalité finissait toujours par la rattraper, telle une méduse aux tentacules effroyables. Dix ans après son viol, la douleur était toujours là.

    Sorti de l'obscurité, elle le vit qui venait vers elle. Son amour lui avait permis de trouver sa trace au coeur de cette forêt réputée impénétrable.

    Elle s'effondra dans ses bras et les mots jaillirent enfin en un flot salvateur. Désormais, il n'y aurait plus d'ombres entre eux deux.

    Maridan 14/08/2018

     

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  • Elles ont répondu au défi N° 15 :

    Ghislaine

    Arlette

    Maridan

     

    Pour découvrir leurs textes, cliquez sur leurs prénoms. Merci d'avoir participé.

    Atelier 16

    1er sujet :

    dix mots à placer dans un texte : jours, traîner, répondre, mouvement, quitter, reflux, immenses, humains, leurre, méduse

     

    2ème sujet : choisir une image et composer le texte qu'elle vous aura inspiré.

    image 1 : Karol Bak

    Atelier 16

     

    Image 2 : Aniezka Lorek

    Atelier 16

    Image 3 : Félicia Simon

    Atelier 16

     

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  • Mes boucles d'oreilles

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  • J’ai essayé mille remèdes, consulté moult médecins et tout cela pour arriver à ce diagnostic : Fibromyalgie. Ok, après on fait quoi ?

    Quand il m’est apparu évident que ces « maîtres de l’art » allaient me laisser crever tranquillement pour cause d’incompétence, j’ai décidé de dénicher les astuces qui allaient me permettre de survivre pas trop mal.

    Première chose ne plus confondre vitesse et précipitation. J’ai compris que je devais ralentir mon rythme de vie et me créer un équilibre durable pour subsister tant bien que mal. La première chose fut de consulter le centre anti douleur de Montpellier. Là, je rencontrai une femme géniale qui m’indiqua que le seul moyen de ne plus souffrir c’était de ne plus penser à mes douleurs. 

    Sur le coup, j’ai eu envie de lui taper dessus avec une batte de baseball et de lui dire « pense à autre chose, ma poulette ! » Heureusement je n’en ai rien fait. Après quelques mois, j’ai compris que cette femme avait raison. Grace à ses précieux conseils, j’ai retrouvé un confort de vie que je croyais disparu à jamais.

    La première chose fut de me mettre à écrire. En un an, j’ai écrit quatre romans. Un roman sentimental, un polar et deux livres de fantasy. Accoucher de ces quatre ouvrages m’a boostée de façon incroyable. Soudain, je ne me sentais plus inutile. J’ai même mis fin à mon différent avec la médecine traditionnelle.

    J’ai permit à mon médecin de me donner des conseils et si, si… Je les ai suivis. J’ai décidé de faire un peu de sport. Une demi-heure de vélo elliptique par jour, suivi au début de quelques gestes de gymnastique. Aujourd’hui, j’ai toujours aussi mal, mais je ne pleure plus sur mon sort, je me dis que si j’ai mal, c’est parce que je force trop.

    Quand la douleur est trop forte pour faire du sport, je me lance dans la création de bijoux ou de cartes en scrapbooking. Et quand même cela me devient difficile, je regarder quelques extraits de films sur Netflix et je m’offre une séance de cinéma bien campée dans mon fauteuil massant. 

    Forcément, il y a, comme toujours, quelques esprits chagrins qui trouvent que pour une malade, je fais vraiment beaucoup de choses.

    Qu’ils se rassurent, je suis prête à échanger ma place avec toute personne désireuse d’endurer ce que je vis au quotidien. Alors, s’il vous plaît, cessez de tirer sur l’ambulance. Le malade n’est pas tenu de vous raconter sa vie. Quant à lui ou elle, ils vous dispensent de vos commentaires fallacieux !

    Maridan 15/07/2018

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  • BOUCLES D'OREILLES en ARGENT ET PIERRES SEMI-PRECIEUSES

    Mes dernières créations

    Cliquez sur le titre pour les voir en détail

     

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  • Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir ces deux talents. Gem écrit et son ami chante, découvrez ce que leurs deux talents conjugués ensemble ont donné en visualisant cette vidéo

     

    le blog de gem est ici : https://au-coeur-de-moi.blog4ever.com/version-musicale-comme-un-bateau-ivre-par-francois?trck=notif-12535643-1595557-12emq

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  •  

    1er sujet :

     

    Ecrire un texte avec pour thème la santé, en utilisant les mots suivants extraits du livre du « docteur Jean-Michel Cohen, pour mincir de plaisir » :

     

    Astuces – vitesse – équilibre – durable – confort – booster – différent – permettre – extrait – forcément.

     

    2ème sujet :

     

    Au choix, traiter l'un des deux sujets du Bac lettres de cette année. A leur place, qu'auriez-vous écrit ?

     

    a)  "La culture nous rend-elle plus humain ?"

     

    b)  "Peut-on renoncer à la vérité ?" 

     

    Vous avez jusqu'à la fin du mois de juillet pour y répondre. Le plus beau texte recevra une parure de bijoux en pierres semi précieuses.

    Bonne chance à tous les participants

     

    ********************************************************************

    Un grand merci à Ghislaine et Arlette pour leurs participations de l'Atelier 14. Pour lire leurs textes cliquez sur leurs prénoms :

     

    Arlette

    Ghislaine

    https://www.maridan-gyres.com/atelier-14-2018-maridan-eklablog

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  • Sujet : utiliser la phrase de Confusius et les mots suivants dans un texte

    "Exige beaucoup de toi même et attends peu des autres. Ainsi beaucoup d'ennuis te seront épargnés."

    Sandalettes, illusion, convenu, atomique, devenir, fonctionner, subjuguer, écœurante, bibliothèque, artisanat.

     

    Oui je sais, les mots de cette semaine sont moins évident à traiter, mais cela relève le défi, non ? Avis aux courageux.

    Gros bisous 

     

     

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  • 1er sujet : lipogramme en i

    Résultat de recherche d'images pour "orgueilleux"

    illustration : orgueilleux

    Vous parlez sans cesse de cet homme dont le charme vous a subjuguée. Quel drôle d’engouement s’est emparé de vous pour vous mener sur cette route là ! 

    Ce fat n’a aucun atout ! Pour ma part, je le trouve beaucoup plus stratège que séducteur et de plus, exempt de tout charme. Sa bouche n’émet que des vers sans constance élaborés dans le seul but de vous enchanter à bas coût. Nul effort de syntaxe et que penser de la teneur de ces logorrhées ? Elles me donnent très souvent des accès de colère.

    Écoutez votre cœur ma belle, cet organe saura vous ramener à des valeurs plus terre à terre et sans aucun doute plus amène à vous donner la route de l’extase auquel vous rêvez.

    Quant à vous, ma douce, recevez une once de ce bonheur que je rêve de vous donner, en attendant la venue de nos nombreux futurs enfants.

     

    Sujet 2 - logorallye 

     Résultat de recherche d'images pour "amour déçu"

    illustration : amour déçu

    La soutenir, elle en a de bonnes celle-ci ! Dix ans, j’ai aimé cette femme à en crever, dix ans que j’étais aux petits soins et pas un instant elle ne s’était étonnée de ma constance à être son chevalier servant.

    Je me suis armé de patience dès le début, mais je n’imaginais pas que j’allais galérer à ce point. On dit qu’être lent pour séduire une femme est un gage de réussite, la belle affaire ! 

    À la poursuite d’un rêve inaccessible, j’ai perdu les plus belles années de ma vie. Je ne veux plus regarder derrière moi, il me faut chercher ailleurs ce bonheur qui me fuit.

     

    Dix ans plus tard,

     

    Aujourd’hui, elle vit dans un magnifique pavillon de banlieue avec un mari sinistre, tandis que je revis dans une mansarde sous les toits de Paris avec une femme merveilleuse et un petit garçon qui fait ma fierté. 

    Le spectre de mon amour passé s’est enfui et avec lui, mes rêves utopiques. Aujourd’hui, il n’est plus question de regrets et tandis que ma belle chimère se lamente au téléphone, je regarde mon fils étudier et je me dis que l’instruction que l’école lui donne, assortie de mes conseils de père avisé, le conduiront au succès auprès de toutes les femmes. 

    Ma femme à qui je raconte, après avoir raccroché le téléphone, les lamentations de mon ancienne dulcinée sourit gentiment. 

    "Ne sois pas si dur mon cœur, après tout elle t’a préparé à me rencontrer".

     

    Elles ont relevé le défi de l'atelier 13 :

     

    Nathie13or

    Ghislaine

     

     

     

     

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  • 1er sujet : Lipogramme sans i

     

    2ème sujet : ronde de mots (si possible en logorallye) soutenir, étonner, armé, lent, poursuite, derrière, mansardes, spectre, question, instruction

    Résultat de recherche d'images pour "gif bon courage"

    Elles ont répondu aux défis de l'atelier N° 12. Pour découvrir leurs textes, cliquez sur leurs prénoms :

     

    Ghislaine

    Arlette

    Arlette tautogramme en o

    Maridan

     

    Merci à vous de répondre à mes défis. Je vous souhaite une belle semaine. Gros bisous

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  • 1er sujet : Tautogramme en o

     

    2ème sujet : ronde de mots : porter, hurler, foule, seconde, duel, servir, protection, mordre, bouclier, respectueuse.

     

    3ème sujet : écrire un texte commençant par l'incipit suivant, tiré du livre Oscar et la dame rose. :

    "Je m'appelle Oscar, j'ai 10 ans, j'ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j'ai grillé les poissons rouges) et c'est la première lettre que je t'envoie parce que jusqu'ici, à cause de mes études, j'avais pas le temps."

     

    Ils ont répondu à l'atelier n° 11, je vous invite à découvrir leurs textes :

     

    Arlette

    Arlette 2

     

    Ghislaine

    Maridan

     

     

     

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  • 15 Juin 2003 – Emeline

    1982 moi.jpg
     

    Je suis partie très tôt ce matin afin d’être à l’heure pour ma réunion hebdomadaire. Je n’imaginais pas qu’une rencontre fortuite allait bouleverser ma journée.

     

    J’ai trente-cinq ans, j’habite Saint-Germain-des-Prés dans un petit appartement coquet de deux pièces. Il est situé au-dessus du restaurant l’Apollinaire. Ce dernier est devenu ma cantine et j’aime y prendre mes repas chaque soir en rentrant du bureau.

     

    Ce matin, une fois de plus, je me suis levée aux aurores. À six heures, je prenais mon café et ma tartine de confiture lorsque ce maudit réveil a sonné le départ.

     

    Je me suis précipitée pour prendre une douche rapide et me suis maquillée légèrement. J’ai enfilé une paire de bas, une chemise blanche, et mon tailleur noir, très bon chic bon genre, pour me rendre crédible aux yeux de nos clients japonais, très à cheval sur les Codes. Mon jean de tous les jours n’aurait pas été approprié, et mon patron a tenu à me le rappeler, hier soir, avant que je quitte le bureau.

     

    Une fois habillée, j’ai sauté dans ma petite automobile et me voilà fonçant à travers les rues de Paris pour rattraper mon retard.

     

    J’arrive sur le pont du Châtelet, où je découvre un embouteillage monstre. C’est fichu, je ne rattraperai pas le temps perdu ce matin.

     

    Je m’empare de mon téléphone portable et j’appelle mon boss pour le prévenir, afin qu’il démarre la réunion sans moi. Coincée au milieu des voitures dans les deux sens de la circulation, je commence à observer les passagers des autres véhicules, pour passer le temps.

     

    Machinalement, je commence par la voiture à ma gauche. Il y a là un couple qui s’engueule copieusement, se fichant d’être vu, tout à la colère qui le dévore. Ils ne voient rien, ne ressentent rien, sinon les vagues grondantes de la fureur qui monte en eux. La femme pleure tandis que son compagnon vocifère. Gênée d’avoir surpris cela, je détourne mon regard.

     

    Dans cet autre véhicule, je vois une maman avec trois enfants qui vont à l’école, les cartables sont sur leurs genoux. La mère ne cesse de regarder sa montre et de soupirer. Je passe ensuite à la voiture qui est à mon côté et soudain mon cœur s’emballe, je n’ai plus de souffle. Mes jambes se mettent à trembler et j’ai du mal à respirer. Je viens de prendre un uppercut géant au creux de l’estomac.

     

    Loïc, mon premier amour ! Cela ne peut pas être lui… Pas après une si longue absence. Pas après vingt ans passés à le chercher. Je dois rêver !

     

    ***

     

    J’ai quinze ans, nous nous aimons follement, comme on s’aime à cet âge-là. Sans mesure, sans retenue, nous sommes totalement investis dans notre amour qui nous semble éternel.

     

    Il a trois ans de plus que moi. À dix-huit ans, c’est un jeune homme brillant, merveilleux à mes yeux. Il est musicien, joue divinement de la guitare. Poète également, il ne se passe pas un jour, sans qu’il ne m’écrive un petit mot tendre, une ballade, une chanson.

     

    Il me répète que je suis sa muse, je l’appelle mon troubadour. Le monde nous semble avoir été créé pour nous, pour notre seul plaisir. Tout nous enchante.

     

    ***

    Mon regard se tourne à nouveau sur le véhicule arrêté à côté de moi, nos voitures sont dirigées dans des sens opposés. Je ne souhaite plus que la circulation reprenne. Le flot de larmes, que je croyais définitivement asséché après toutes ces années, a rouvert ses vannes et il se déverse comme un raz de marée sur mon visage fardé.

     

    Le conducteur se tourne vers moi, il m’observe. Je vois dans un premier temps de la surprise dans ses yeux, puis de la stupéfaction. Nos vitres se baissent dans un même élan.

     

    « Emeline ? Est-ce bien toi ? »

     

    « Loïc ? C’est impossible ! »

     nanou et moi.jpg

    D’un même mouvement, nous ouvrons nos portières et nous nous jetons l’un sur l’autre dans une étreinte passionnée, comme deux naufragés qui retrouvent leur port d’attache après avoir dérivé sans fin. Ses lèvres se posent sur les miennes. Elles ont le goût, la saveur et la chaleur du passé.

     

    Enfin ! Je vis à nouveau.

     

    15 juin 1985 – La mère de Loïc

     

    Lorsqu’il lui avait parlé d’elle, la rage l’avait prise, elle ne l’aimerait pas, elle ne voulait pas de cette fille dans sa famille. Elle avait totalement retourné son imbécile de fils.

     

    Lui, cet idiot, il n’avait rien vu venir. En un mois, elle l’avait transformé. Lui, le sombre, le taciturne, elle l’avait vu s’adoucir, se liquéfier. Et cela, elle ne le supportait pas.

     

    Aujourd’hui, il l’a amenée à la maison. Elle les regarde, il ne la quitte pas des yeux. Il écoute, les yeux grands ouverts, dans un silence quasi monacal, le flot ininterrompu des mots qui se déversent, qui coulent, inondent et les submergent. Elle a juste envie de lui hurler de se taire qu’elle n'en peut plus  de l’entendre.

     

    Lui, ce crétin, il la bade ! Il boit ses mots comme si la vérité du monde jaillissait de sa bouche. Il sourit.

     

    Et ce sourire, elle en crève ! Elle a juste envie de le lui arracher à coups de poing. Il ose lui sourire à sa table !

     

    Elle le revoit, hier encore ; hier quand il ne l’avait pas encore rencontrée, hier, alors qu’il ignorait encore qu’elle existait. Il avait toujours été sombre, ce fils. Il ne souriait jamais. Elle se sentait souvent jugée par son regard, mais il ne disait jamais rien. Elle s’était souvent demandé s’il n’y avait pas eu confusion à la maternité. Même son mari devait y penser. La première fois qu’il avait vu son fils, il s’était étonné de la couleur de ses yeux :

     

    « Il n’y a pas d’yeux verts dans ma famille »

     

    Il lui avait jeté ses mots à la figure avec violence et cela l’avait blessée. Elle savait bien, elle, qu’il était son père. Pourquoi en doutait-il ? Puis, un jour, elle avait bien regardé son propre père et vu ses yeux verts, à lui aussi, et soudain son cœur s’était fait plus léger. Elle ne l’avait jamais remarqué avant ce jour. C’était donc de son côté qu’il avait hérité de ses yeux là !

     

    Elle revient au présent. L’autre parle encore. Elle la saoule. Elle la regarde, tandis qu’elle s’agite, bouge ses mains. Elle n’entend plus ce qu’elle raconte. Elle lui sourit, et machinalement elle répond à son sourire. La gourde ne remarque rien, mais pas lui. Lui, il a compris, il sait déjà que je n’aime pas cette fille. Il a vu que mon sourire n’avait pas atteint mes yeux.

     

    À nouveau, il s’est assombri. Elle le retrouve, c’est celui-là son fils. Ce garçon sinistre qui ne sourit jamais. À celui-là, elle sait faire face, elle a appris à faire avec.

     

    Lorsqu’ils étaient venus, tous les deux, pour la première fois, elle reprisait avec son ex petite amie, la gentille Laurence. Il n’avait pas aimé la retrouver là. Mais elle, elle était chez elle, elle invitait qui elle voulait. La petite avait fui devant l’autre.

     

    Elle avait posé l’œuf et la chaussette, rangé l’aiguille et le fil dans la boîte à couture, l’avait embrassée. Elle avait vu disparaître la belle-fille dont elle rêvait. Celle avec qui elle aurait pu partager, les travaux d’aiguille, mais aussi tout le reste.

     

    L’autre s’était pointée avec un grand sourire, un immense bouquet de fleurs, un gros gâteau et pire que tout le reste, une grande gueule !

     

    Lui, tout ému, il lui avait juste dit :

     

    « Maman, je vais vivre avec Emeline ».

     

    Ce sourire béat planté sur sa figure, c’était une insulte pour elle. Pourquoi souriait-il comme ça ? Elle ne l’avait jamais vu sourire comme ça avant. Même pas quand il était avec la petite, l’ex, qui lui plaisait tant à elle.

     

    Ils avaient mangé chez eux. Dans leur hôtel. Elle avait bien vu comment elle minaudait, la garce. Même son mari avait paru sous le charme. Lui aussi avait plaqué un sourire stupide sur sa figure. Il lui avait caressé le bras, elle l’avait vu. L’autre, elle n’avait même pas réagi. Elle avait voulu lui apprendre à repriser des chaussettes, lui montrer une chose utile. Elle avait tenté de lui montrer, mais rien à faire. Elle lui avait clairement fait comprendre que la couture et elle, cela faisait deux. Et qu’elle n’aimait pas cela. Elle aurait pu avoir la politesse d’essayer, mais visiblement ça ne l’avait même pas effleurée.

     

    « Moi, quand mes chaussettes sont percées, je les jette ! »

     

    Petite conne ! Pourquoi les jeter quand on peut les réparer ? Elle avait eu une furieuse envie de la gifler, de faire disparaître son air suffisant. Ah vraiment ! Il avait gagné le gros lot avec celle-là! Visiblement, il ne pourrait pas compter sur celle-là pour soigner son linge.

     

    Elle, elle s’occupe d’un hôtel de vingt-trois chambres. Pas question d’être fainéante, le travail n’attend pas.

    Levée tôt le matin à six heures, elle prépare le petit déjeuner. Sept heures, son mari part travailler. Huit heures elle pousse les gosses dehors, l’un part pour l’école, l’autre va travailler. Neuf heures, elle doit nettoyer les chambres, les douches et les toilettes communes.

     

    Quand elle a fini, elle part faire les courses, range tout en rentrant, prépare le repas de midi. À midi son mari revient et ils déjeunent ensemble. Une heure plus tard, il repart au travail, et elle recommence : vaisselle, rangement, préparation de la collation de seize heures trente et du repas du soir. À présent, il est temps d’attaquer la comptabilité, les papiers de l’hôtel. Les jours sans comptabilité, elle va faire les courses. En général, elle est libre de seize à dix-sept heures. C’est le moment où elle reprise les chaussettes, répare les vêtements. Quand elle n’a pas de travaux d’aiguille, elle brode des canevas. Elle en a un sur lequel elle travaille depuis plus de vingt ans. Il est tout au point de croix. Et puis c’est déjà dix-sept heures, son mari rentre et c’est un moment qui n’appartient qu’à eux.

     

    Ils sont là, tous à table à dix-neuf heures. Après avoir tout nettoyé, elle ne traîne pas. Elle a sa journée dans les pattes, alors elle part se coucher. Elle ne chôme pas, elle !

     

    Quand elle en a parlé à table, elle n’a pas senti, de sa part, un grand intérêt pour le sujet. Elle oublie que si elle épouse son fils, il faudra bien qu’elle lui donne un coup de main à l’hôtel. Non, décidément, elle ne lui plaît pas ! Et puis c’est quoi, cette grossièreté, elle n’arrête pas de dire des gros mots, elle est vulgaire. Elle parle trop, elle n’écoute pas. Et l’autre qui la regarde en bayant aux corneilles ; il m’énerve, cette andouille !

     

    Je sers le repas, elle a l’air d’aimer ; d’ailleurs, elle le dit. Elle m’a apporté des fleurs - c’est bizarre ça ! Pourquoi m’offre-t-elle des fleurs ? Elle veut m’acheter ? Elle rêve ! Et puis mon mari qui n’arrête pas de lui sourire lui aussi, j’ai envie de l’étrangler, il ne perd rien pour attendre, on règlera nos comptes quand ils auront dégagé. Elle est dans la séduction la gueuse, elle a l’air à l’aise, se sent chez elle quoi ! T’inquiètes, petite garce, je t’ai à l’œil moi !

     

    Quand ils partent enfin, elle dit à son mari tout ce que cette fille lui inspire, mais lui, il lui dit de laisser faire ; qu’on verra bien ! Lui il pense que son fils la larguera dès qu’il l’aura sautée. C’est tout ce qu’elle espère. Alors, en attendant, elle jouera la comédie. Elle aussi, elle peut lui faire des grands sourires, cela ne l’empêchera pas de penser.

     

    15 juin 2003 - Emeline

     

    Les autres véhicules se sont remis en route et les klaxons furieux nous invitent vigoureusement à bouger. Mais comment le pourrions-nous? Pendant dix-huit ans, je l’ai imaginé à travers tous les hommes qui croisaient ma route. Je ne veux pas le perdre à nouveau. Vite, il me gribouille son numéro de téléphone sur un papier. Aussi vite je lui tends ma carte professionnelle. Puis, je cherche frénétiquement une place de parking pour pouvoir m’arrêter, le serrer à nouveau dans mes bras.

     

     Je refuse de le voir disparaître à nouveau, mais je deviens folle à tourner ainsi en rond. Peut-être est-il marié ? Peut-être a-t-il des enfants ?  Peut-être est-il déjà en route vers un futur loin de moi. Toutes ces questions sans réponse me taraudent, alors je saisis mon portable et je l’appelle. Son numéro sonne occupé, il va m’échapper.

     

    Je ne le reverrai pas. J’ai beau savoir qu’il est interdit de téléphoner au volant, je réitère mon appel. Je me moque de la loi, je n’ai plus qu’un seul objectif : le retrouver ici et maintenant. Je me fous de tout sauf de lui.

     

    Encore occupé !

     

    Dix-huit ans que je vis en apnée. En une seconde, en un baiser, il a redonné vie à mes poumons. Je respire à nouveau. Son baiser a eu le goût des bonheurs anciens, le goût de l’amour perdu et retrouvé. Je dois m’assurer que je n’ai pas rêvé. Son numéro est toujours occupé.

     

    Enfin une place ! Vite, je gare ma voiture. Bien que très en retard, je stoppe mon véhicule et je descends. Je reprends mon portable. À cet instant il se met à sonner. C’est lui. Il est là, à deux rues de moi. Lui aussi a garé son auto dans la rue parallèle à la mienne. Je lui dis de ne pas bouger, que j’arrive à sa rencontre.

     

    30 juin 1985 - Loïc

     

    Nous avons enfourché nos vélos et nous sommes partis dans les bois. J’ai pensé à prendre une couverture avec moi. J’ai préparé un panier de pique-nique, pris des boissons et des fruits et placé le tout dans le panier de mon vélo.

     

    Toi, tu as préparé des sandwichs et une grande salade niçoise. Puis, j’ai pris ma guitare en bandoulière. En route, nous nous sommes arrêtés à la boulangerie, pour acheter deux religieuses au café. Nous allons pédaler longtemps, pour nous enfoncer profondément dans la forêt. Nous sommes persuadés qu’en allant le plus loin possible, nos parents ne nous retrouveront pas.

     

    Mes parents ont décidé de déménager, emportant avec eux tous nos rêves, nos espoirs pour le futur, sans même nous demander notre avis.

     

    Après une bonne heure de route, nous avons trouvé une jolie clairière perdue loin de tous les chemins forestiers. Au fin fond de ces bois, plus de repères sinon ce magnifique ciel bleu sur nos têtes. J’allume un feu, puis je fais griller les saucisses que tu veux rajouter à ta salade. Nous nous régalons de ce repas que nous avons préparé avec tant d’amour. Nous sommes seuls au monde.

     

    Je prends ma guitare et je te chante toutes les chansons que tu m’as inspirées. Longtemps après que le feu se soit éteint et la nuit tombée, nous nous sommes endormis, serrés dans les bras l’un de l’autre. Toutes ces émotions accumulées ces derniers jours nous ont épuisés. C’est ma caresse sur ton visage qui t’a réveillée.

     

    Nos yeux se sont croisés et nous nous sommes aimés pour la première fois, heureux de n’être plus qu’un. Tu es devenue une femme dans mes bras. Nous sommes persuadés qu’à présent, nos parents n’oseront plus nous séparer.

     

    15 juin 2003 - Emeline

     

    Ce fut une cruelle erreur. Tandis que tous mes souvenirs me reviennent en mémoire, je l’aperçois. Il allonge le pas vers moi, et puis son regard me retrouve, il court vers moi,  me soulève dans les airs et me fait tourner autour de lui. Ses bras m’enserrent plus solidement que des chaînes.

     

    Pour la première fois depuis dix-huit ans, je retrouve enfin mon intégralité. Vivante, vibrante, heureuse comme je pensais ne plus jamais en être capable. Je me noie dans l’eau limpide de ses yeux amoureux comme en mes souvenirs. J’ai retrouvé mon port d’attache. Je l’embrasse frénétiquement, comme si toute ma vie en dépendait, il me rend chacun de mes baisers avec la même ferveur. Nos bouches se sont reconnues, elles se conjuguent à nouveau au présent, à la vie, à l’amour.

     

    L’oxygène qui m’est rendu à cet instant me donne l’envie de croire que tout est possible, que lui aussi n’a pas eu de vie sans moi, que pour lui aussi les jours ont été mille fois moins beaux que les nuits. Ces nuits, où je m’étais inventée sur une île où nous nous retrouvions pour nous aimer, sans parents, sans contraintes, sans tabou, sans obstacle de quelque nature que ce soit.

     

    Je ne veux plus que tu me quittes, jamais ! Nous ne savons pas, ni l’un ni l’autre, par où commencer. Nos pas se conjuguent au pluriel, ils se sont réadaptés les uns aux autres, ils reprennent nos jeux enfantins, comme s’ils rejouaient la partition interrompue il y a dix-huit ans, mais si bien sue, qu’elle a repris naturellement, à l’endroit même où elle avait été suspendue.

     

    La ville est à nous, le monde est notre maison, le ciel notre témoin. Nous marchons simplement, sans un mot, ils sont inutiles. Personne n’interrompra ces retrouvailles : Dieux, soyez vigilants, car je tuerai quiconque s’interposera.

     

    15 juin 2003 – Loïc

     

    Moi aussi, mon aimée, je renais à la vie à chacun de tes baisers. Moi aussi, je t’ai cherchée, en vain, toutes ces années. J’ai cru devenir fou. Je me suis enfui de chez mes parents à vingt ans, je suis revenu vers toi, mais vous aviez déménagé sans laisser d’adresse.

     

    J’ai tenté en vain de trouver quelqu’un qui puisse me dire où tu étais partie. J’ai fini par me rendre à l’évidence. Je suis remonté sur Paris, où j’ai trouvé un emploi de barman. Ma seule idée était qu’il fallait que je te retrouve. Plus une note ne sortait de ma guitare, plus un mot ne sortait de ma bouche.  J’ai haï mes parents. Je ne leur ai jamais pardonné de m’avoir séparé de toi. J’avais perdu mon âme en te perdant.

     

    Durant dix longues années, je suis passé de femme en femme, te cherchant à travers elles. J’ai essayé de ne pas être cruel, je ne leur ai jamais rien promis. Certaines sont devenues des amies.

     

    J’étais désespéré, et te voilà enfin ; tu es là, ma quête est finie. Je tiens ta main blottie au creux de la mienne, je la sens palpiter, vibrer de la même fièvre que celle qui me consume. J’aimerais te dire toutes ces heures passées à te rechercher, toutes ces nuits passées à te rêver. Mais les mots sont coincés au fond de ma gorge, je ne peux que te serrer les mains, me plonger dans l’azur de ton regard, dans la blondeur de tes cheveux.

     

    J’aimerais retrouver mon souffle pour te raconter la douleur qui ne m’a pas quitté tout au long de ces années, me laissant croire, à certains moments, que j’allais sombrer dans la folie !

     

    Je reste silencieux, savourant comme toi nos retrouvailles. Je goûte le plaisir de cet instant avec gourmandise. C’est une gouleillance qui m’inonde la gorge d’un élixir savoureux et enivrant. Je te déguste dans ce silence. Nos mains s’étreignent, nos doigts se nouent. Ils semblent avoir fusionné.

     

    À quoi bon mettre des mots sur cette flambée de nos cœurs enfin réunis ? Car ils brûlent, mon amour, les longs mois de cette séparation cruelle, qu’un destin facétieux vient d’anéantir. Je sens ta tête sur mon épaule, comme si de tout temps sa place avait été là, et je suis heureux tout simplement.

     

    J’avance dans les rues de Paris, comme si c’était l’Eden qui venait de m’ouvrir ses portes.

     

    15 juin 2003 - Emeline

     

    Comme la ville est belle, près de toi mon amour. Tu es silencieux près de moi, une feuille ne se glisserait pas entre nous. Nous nous recomposons un présent dans l’instant. Je pose ma tête sur ton épaule. Je sens ton eau de toilette qui fleure bon le citron et le chèvrefeuille. C’est une odeur qui m’entoure et me protège du monde extérieur. J’ai retrouvé mon cocon, la place à laquelle, depuis la nuit des temps, j’étais destinée.

     

    Je t’ai quitté adolescent, je te retrouve homme. J’embrasse ton visage de mon regard, je te redécouvre, ton front est large et puissant, ta mâchoire volontaire. Ta bouche est toujours aussi belle, ses lignes fermes ne cessent de me butiner comme une abeille enivrée. La pulpe de tes lèvres m’attire moi aussi, et je te rends tes baisers en marchant toujours. Tes yeux sont d’une eau limpide et ton sourire m’émeut toujours autant.

     

    Mon portable ne cesse de sonner. Je sais qu’il y a mon patron au bout du fil, mais ce moment n’appartient qu’à nous. Je n’ai plus de temps à lui consacrer. Le monde peut s’écrouler, je m’en fiche comme de ma première chemise. Il ne sera pas dit que j’aurai été celle qui aura interrompu la magie de cet instant. Au diable mon patron, les Japonais, ma mission et le reste du monde.

     

    J’ai quinze ans et je t’aime.

    Juillet 1985 – Grand-mère

     

    Mamy, comme tu me manques ! Que de souvenirs merveilleux attachés à ton doux visage ! J’aimerais que tu sois là, que je puisse te parler de Loïc, ce garçon qui me chamboule tellement. Il est si doux, mamy ! C’est un miracle. Pas un jour où je ne crève de ne pas pouvoir te le dire ; alors je tiens ce journal où je te fais part de tous mes petits et grands bonheurs.

     

    Tu te souviens de nos longues conversations devant la cheminée ? Que j’aimais t’entendre me raconter ta jeunesse, les frasques incessantes de papy qui aimait un peu trop les femmes. Tu  l’aimais tant que jamais tu n’as proféré le moindre reproche. Et pourtant, il t’arrivait de le voir, en photo sur le journal, au bras d’une femme qui n’était pas toi. Il plaisait beaucoup aux starlettes de tout poil, aux danseuses qui aimaient son côté ténébreux. Toi aussi tu avais aimé le boxeur avant d’aimer l’homme. Alors tu comprenais tout.

     

    Comme tu me manques, mamy ! Tes bisous, tes câlins étaient les seuls trésors de mon enfance. Ils ont disparu avec toi. Mais il me reste dans le cœur l’image de ton sourire, l’odeur de ta peau et plus que tout, nos longues journées, passées à la Sauvain avec la Marie-Louise.

     

    Toutes les deux, vous aimiez à parler de tout et de rien, comme le font les vieilles amies. Et moi j’étais là, les deux mains tendues, tandis que tu détricotais les fils des pulls devenus trop petits. Grâce au fil que tu enroulais autour de mes bras, je savais que très vite, j’aurais un nouveau tricot, qui ferait pâlir d’envie toutes mes copines de classe. Qu’ils étaient beaux tes tricots, mamy ! J’aimais être là, à tes pieds. Toute la tendresse du monde passait à travers ce fil qui s’enroulait autour de moi comme une caresse.

     

    Tu te souviens ! Tu t’interposais entre les coups et moi. Après j’avais mal à l’âme, parce que je voyais les bleus fleurir sur ta peau diaphane et je m’en voulais affreusement de t’avoir infligé cela. Mais toi, tu restais sereine, tu me passais la main sur la tête et cela me gonflait le cœur de reconnaissance.

     

    Et puis, il y a deux ans, tu m’as quittée, le cancer est venu, sournois, vicieux et il t’a emportée si vite, sans même me laisser le temps de te dire au revoir, de te dire combien tu avais illuminé mon enfance. Je sais mamy, qu’à présent, tu as découvert la profondeur de mes sentiments pour toi ! C’est toi qui fus ma seule mère.

     

    À qui je peux raconter ce qui a suivi, sinon à toi ?

     

    Loïc et moi étions si bien. Le réveil avait été brutal. J’étais dans ses bras, tellement heureuse, couchée auprès de lui. Ce sont les gendarmes, alertés par nos pères respectifs, qui nous avaient retrouvés. Ils nous ont ramenés, l’un et l’autre, auprès d’eux. Ils l’ont éloigné de moi, ne lui laissant aucune chance de me dire au revoir, d’échanger une adresse ou un numéro de téléphone. Ils l’ont arraché à mes bras, sans même nous laisser le temps d’échanger un dernier baiser.

     

    Dans la voiture qui me ramenait chez mes parents, les flics écoutaient le Top 50. Foreigner chantait « I want to know what love is » et je pensais que je savais bien, moi, ce qu’était l’amour.

     

    Puis une fois enfermée dans ma chambre ce fut Francis Cabrel et sa chanson « encore et encore » et comme dans la chanson, je me suis mise à sursauter, à partir de ce jour-là, à chaque bruit de portière qui claquait. Espérant en vain, que ce soit Loïc qui revenait me chercher.

     

    Mais si une chanson résume parfaitement l’attente qui a suivi c’est bien celle de Simply Red « Holding back the year » Dieu m‘est témoin que je l’ai retenue cette belle année. C’est d’ailleurs elle qui m’a permis de tenir jusqu’à ce jour béni où je te retrouve mon amour.

     

    15 juin 2003 – Emeline

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    illustration : 

    Nos pas nous ont menés au bord des quais de la Seine. Je te raconte la musique qui m’a aidée à tenir. Le pont Alexandre semble avoir été mis là pour servir d’écrin à notre amour. Paris est une ville magnifique dont je ne me lasse pas. J’aime ses quais, l’île de la Cité, ses monuments et ses ponts, tous plus beaux les uns que les autres.

     

    Je laisse mon imagination vagabonder, inventer des histoires autour de chacune de ces belles réalisations, m’imaginer les hommes qui ont su produire à l’époque, avec si peu de moyens, des monuments aussi grandioses. Paris regorge de lieux tenus secrets, ils sont dissimulés çà et là. Un jour je t’emmènerai à leur rencontre pour les redécouvrir à travers ton regard.

     

     J’ai appris à aimer chaque pierre de cette ville, chaque jardin, ils sont si nombreux. Sans toi, je conduisais ma vie sans but précis, me rattachant à chaque jour par ces écrins précieux où je nous imaginais. J’ai écumé les jardins parisiens, puis je me suis promenée autour de Paris. Certains ont nourri mes poèmes, mes peintures et toutes mes divagations amoureuses.

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    Le Parc Monceau et les jardins du Luxembourg, le jardin d’acclimatation, l’extraordinaire Giverny et sa palette colorée de mille fleurs. Mais sans conteste possible, l’objet de tous mes fantasmes rapportés à toi est bien celui des Buttes Chaumont. Que d’heures passées en son sein, à t’imaginer et te sentir si proche, et si loin pourtant !

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    Souvent je m’asseyais au bord du lac et je nourrissais les canards, je leur parlais de ton absence, et plus d’une fois, je m’imaginais qu’ils me répondaient qu’un jour tu serais près de moi. Les gens qui passaient alors devaient penser que j’avais un grain de folie, car lorsque je parlais avec les canards, ceux-ci se mettaient à caqueter comme des fous. Bien entendu, j’étais la seule à décrypter leur message d’encouragement.

     

    Je nous ai rêvés assis au Belvédère, je nous ai vus dévaler en des galipettes endiablées toutes ses collines. Ce lieu a bercé mes rêveries langoureuses et amoureuses comme à quinze ans. Il m’a permis de t’attendre jusqu’à ce jour.

    1er août 1985 – Loïc

     

    Ma mère avec sa jalousie maladive, dès que j’avais une copine, avait très bien compris qu’entre toi et moi c’était du sérieux ; elle était ravie de m’éloigner de toi. Cette joie mauvaise qui brillait dans ses yeux m’anéantissait. Comment mon père avait-il pu tomber amoureux d’une mégère pareille ? Cela reste, aujourd’hui encore, un mystère pour moi.

     

    Nous étions arrivés à Paris deux jours après notre déménagement. Les premiers jours avaient passé dans un flou total. Mes bras déchargeaient les cartons, ma bouche s’ouvrait et se fermait pour manger. Mais plus un mot ne franchissait mes lèvres. Ma mère avait fini par s’en agacer et les réflexions avaient commencé à tomber :

     

     « Cette fille ne valait rien, elle n’était pas digne de toi. À quoi ça rime cette tête d’enterrement ? Des jolies filles à Paris, il n’y a que cela. On n’a jamais vu un adolescent de dix-huit ans s’amouracher d’une gamine. Je te rappelle qu’elle est mineure. Je suis sûre que cette petite est une traînée. »

     

    À ces mots j’avais failli l’étrangler. Mon père était intervenu pour la première fois, la sommant de se taire.

     

    Elle ne me l’avait jamais pardonné. Pas une seule fois, en vingt ans de mariage, il ne s’était opposé à elle. Il était follement amoureux d’elle. Mais il voyait à quel point je souffrais, il ne voulait pas m’enfoncer davantage. Il avait tenu bon. Dès que j’étais parti rejoindre ma chambre, j’avais entendu ma mère hurler sa colère. Elle ne supportait pas ma mine de déterré, j’étais un idiot. Bref, quand j’en avais eu assez d’entendre ses vacheries, j’étais sorti.

     

    J’avais passé trois jours loin de chez mes parents, noyant mon chagrin dans l’alcool. Je n’en étais pas très fier. C’est aussi à ce moment-là que j’avais découvert que les mots ne venaient plus. J’étais comme un puits sans fond totalement asséché. Je les sentais tapis là, au creux de mon ventre, brûlant mon âme, mais rien ne venait. Je n’arrivais plus à les ordonner. Au bout de trois jours, épuisé et fauché, je n’avais pas eu d’autre choix que de rentrer chez eux.

     

    Mon père m’avait accueilli à bras ouverts, mais pas elle. Ce jour-là s’était ancrée l’idée que je portais en moi depuis six ans, à savoir qu’elle n’était plus ma mère. Elle avait perdu ce droit dans le regard hostile qu’elle avait alors posé sur moi.

     

     

    Je n’ai jamais eu à regretter ma décision. Enfant, j’avais souvent eu mal à ma mère1. Mal de ne jamais recevoir un encouragement ou une parole de tendresse. Mal de toutes les tortures mentales qu’elle m’infligeait. Mal des coups qu’elle faisait pleuvoir sur moi quand je n’avais pas répondu à ses attentes. Je savais qu’à jamais, je porterai cette blessure, celle de ne pas avoir eu de mère. C’était comme une tache indélébile qui me poursuivrait jusqu’à ma mort.

     

    Un jour elle me demanda qui j’aimais le plus, elle ou mon père. Comment peut-on poser une question pareille à un enfant ? Surtout quand on a le caractère de ma mère. À l’école, on me lirait quelques années plus tard le roman : « vipère au poing » et je serais alors le seul à trouver que Falcoche n’était pas si terrible que cela.

     

    Ce jour-là, j’avais répondu sans hésiter  que je préférais mon père. Je le voyais très peu, car il partait tôt le matin et rentrait tard le soir. Lorsqu’il passait la porte de la maison, nous devions nous taire. Le silence était de rigueur, seules comptaient les informations que distillait chaque soir notre téléviseur. Plus une conversation n’était autorisée sans son aval. Mais je préférais son silence aux hurlements hystériques de ma mère.

    Quant à ma mère, elle passait ses journées à me hurler des reproches, à exiger, à commander, à m’utiliser comme domestique pour faire ceci ou cela, pour aller faire les courses : elle ne me laissait aucun répit. Dès que je faisais mine de me poser, elle m’appelait.

     

    Quand mon père était rentré de son travail ce soir-là, une fois de plus, elle s’était lise à pleurer. Elle savait y faire pour le manipuler.  Alors lui, l’homme amoureux avant d’être le père, il s’était approché, il n’avait pas réfléchi. Quand elle avait dit : « c’est la faute de ton fils », il avait saisi sa ceinture et la valse des coups avait commencé.

     

    C’est ce jour-là que j’avais compris qu’on pouvait mourir d’amour. J’avais commis le crime impardonnable de le préférer à ma mère. J’étais battu par celui que j’avais osé aimer.

     

    À compter de cet instant, j’ai cessé d’avoir le moindre sentiment pour eux. Je me suis réfugié dans ma chambre, et je me suis mis à califourchon sur le rebord de ma fenêtre. J’avais douze ans, mes jambes se balançaient dans le vide. J’ai songé à mourir, mais j’avais dans l’idée que cela lui ferait plaisir et je ne voulais pas lui faire cette joie, surtout pas à elle.

     

     

    A compter de ce jour funeste, je me suis imaginé d’autres parents, des parents aimants, bienveillants. J’ai prié, espéré les voir arriver. Ces deux-là n’étaient que des étrangers pour moi, ils avaient perdu tous leurs droits après la correction que j’avais reçue.

     

    Je rêvais que mes parents avaient dû me mettre là en pension, mais qu’ils allaient revenir. Le lendemain matin, lorsque j’étais rentré de l’école, je m’étais rendu directement dans ma chambre. J’avais passé les cinq années qui avaient suivi, perché sur ce rebord de fenêtre, à rêver à des parents fantômes. Cette attente m’avait permis de tenir jusqu’à notre rencontre.

     

    Ma mère ne supportait pas que je reste seul dans ma chambre. Je n’en descendais qu’aux appels hystériques de mon bourreau, pour manger.

     

    (1 - sa mère était devenue par l’absence de tendresse comme une maladie organique)

     Elle avait vite compris que je n’avais plus aucun sentiment à son égard, et pendant les années qui ont suivi, à eux deux, ils ont réussi à me faire croire que j’étais un monstre, incapable d’aimer qui que ce soit. Rien n’avait pu m’extirper de cet enfer. Quant à eux, je savais qu’ils ne me faisaient pas confiance et je m’en moquais.

     

    L’école aurait pu être une échappatoire, un refuge pour moi, mais il n’en fut rien. Ma maîtresse en cours préparatoire était une vieille bique, une vraie peau de vache, particulièrement castratrice. Un jour, alors qu’une fois de plus, je lui faisais répéter un passage que je n’avais pas compris, elle s’était fichue de moi. Elle avait pris une voix pointue et lente pour me crier :

     

    « Alors, le petit Loïc ne comprend rien, comme d’habitude ! Le petit Loïc a besoin que je répète. Mais quand donc le petit Loïc sortira-t-il du coma où il se complaît ? »

     

    Ces mots ânonnés avec une lenteur exagérée m’avaient crucifié. À partir de ce jour-là, je n’avais plus jamais osé poser de question en classe. Toutefois le pire restait à venir.

     

    Deux ans plus tard, je tombais dans la classe d’une institutrice aigrie, vieille fille, à qui la mixité des classes avait offert la possibilité de se venger sur les garçons de l’absence d’intérêt qu’elle suscitait chez les hommes.

     

    Tout en elle était ingrat : son visage fermé, sa bouche fine toujours pincée, la moustache qui ornait sa lèvre supérieure et son nez acéré comme le bec d’un oiseau de proie.

     

    Elle m’avait pris en grippe, et les regards haineux que je portais sur elle n’arrangeaient pas mes affaires. Par contre, cette vieille peau adorait ma mère, avec qui elle partageait une certaine idée de l’éducation. Pour une fois qu’une mère lui donnait raison de punir un mauvais élève, elle ne s’en privait pas. Que ma mère soit totalement inculte, qu’elle soit incapable de m’aider lors des devoirs, loin de me valoir sa compréhension, semblait au contraire la conforter dans son idée qu’elle était la seule à pouvoir m’éduquer.

     

    J’avais pris l’habitude de rêvasser en classe, je refaisais le monde à ma convenance. J’avais pour cette femme un dégoût sans nom ce qui m’éloigna tout à fait de l’idée d’être un jour un bon élève.

     

    À la suite de mon inexistence lors des cours, mes notes dégringolèrent dans le vide abyssal de mon désintérêt scolaire. Lorsque mon bulletin trimestriel était arrivé avec son cortège de mauvaises notes, je m’étais effondré. Je savais qu’il allait me valoir des représailles, mais j’ignorais qu’une mère puisse être capable d’une telle ignominie.

     

    Lorsqu’elle avait signé mon bulletin, elle avait hurlé comme une folle. Comme je n’avais plus aucun sentiment à son égard, ces hurlements m’avaient laissé de marbre. Elle l’avait fort bien compris, mais j’aurais dû être prudent, car son cerveau malade était plein d’idées vengeresses pour me mater. Et la punition qu’elle m’infligea alors brûle toujours en moi comme un feu dévastateur.

    Ne pas aimer sa mère n’est pas si facile, mais la haïr c’est impossible à décrire, c’est de l’acide qui vous brûle le cœur, l’âme, le ventre et la gorge. C’est avoir en permanence un goût de bile dans la bouche.

     

    C’était le lendemain de ce jour-là que mon aversion pour elle était devenue définitive. Elle m’avait envoyé dans ma chambre, ajoutant qu’elle ne voulait pas me revoir avant le lendemain matin. Le soir au dîner, je n’avais pas été autorisé à descendre. À dix ans, on meurt de faim à toute heure. Alors, le dîner me manqua cruellement.

     

    Au petit déjeuner, elle n’avait toujours pas dit un mot, mais j’avais saisi son sourire mauvais. Je savais qu’elle avait préparé une saloperie, qu’elle se réjouissait à l’avance du mal que cela allait me faire.

     

    J’avais eu beaucoup de peine à finir mon bol. Quand j’eus enfin terminé, elle me demanda de débarrasser la table. Lorsque j’étais revenu de la cuisine, elle avait posé devant moi un papier blanc.

     

    « Mets ça. »

    « C’est quoi ? »

    « On s’en fout, tu mets ça sur ta tête et tu ne discutes pas. Tu es un âne, tu ne comprends rien. Tu n’veux pas faire d’effort, alors je t’ai fabriqué un bonnet d’âne, j’exige que tu le mettes. Je veux que toute la ville sache que mon fils est un cancre. »

     

    Je l’avais regardée vociférer sa rage,  je pensais : « c’est impossible ! » Elle ne va pas me faire ça !

     

    Eh bien si ! Elle avait osé. J’avais dû aller jusqu’à l’école avec cette abomination sur la tête. Je regardais le bitume, n’osant pas affronter le regard des passants. La honte qui me consumait était égale à la douleur d’avoir été mis au monde par cette horrible femme.

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    Au moment où une fois de plus elle me hurlait de relever la tête, j’avais croisé le regard navré d’une vieille femme. Ce regard m’avait galvanisé. Ce n’était pas de la moquerie qui brillait dans ses yeux. Non, j’y avais vu une immense pitié, de la compassion, et surtout, un encouragement à me tenir bien droit. Elle m’avait donné la force de ne pas baisser les bras. Son magnifique regard me disait :

     

     « Courage petit, tu es plus grand qu’elle, redresse-toi, ne te laisse pas abattre, ne lui fais pas ce plaisir. Elle est trop laide».

     

    À la grande surprise de ma mère, je m’étais redressé, j’avais relevé les épaules et j’avais fini le trajet comme si je portais la couronne d’épines du Christ. Arrivé à l’école toutefois, mon courage m’avait abandonné devant les rires goguenards des autres élèves. Parvenue dans ma classe, ma mère avait dit à  la maîtresse :

     

    « Voici mon fils, c’est un fainéant, je vous laisse le punir comme il se doit. »

     

    Et, très fière de son exploit, elle était repartie. Tétanisé, j’étais resté le nez pointé vers le sol. Une main acérée s’était posée sur mon épaule.

     

    « Va au coin, c’est la place des ânes ».

     

    Je ne me l’étais pas fait répéter. La tête posée contre le mur, j’entendais dans mon dos les ricanements des autres élèves. Ce bonnet d’âne, j’avais dû le garder, jusqu’à la sonnerie de fin des cours, puis je l’avais jeté dans la poubelle.

     

    En sortant de la classe, un élève avait voulu se moquer de moi. Je lui avais donné une telle correction, que plus personne n’osa en  parler et encore moins en rire.

     

    J’avais continué à vivre l’enfer à la maison et l’école n’était que le prolongement de cette torture. Décidé à être un incapable, je ne fis plus aucun effort. Après tout j’étais né à sept mois et demi, je n’avais donc pas tout en place. J’étais persuadé que j’avais un retard intellectuel. La preuve, c’est que j’étais incapable d’aimer mes propres parents. Et jusqu’à notre rencontre, je croyais que jamais je n’aimerais personne. Les filles ne déclenchaient que du mépris chez moi ; à travers elles, je ne voyais que le visage venimeux de ma mère.

     

    Un an avant de te rencontrer, j’avais donc abandonné l’école pour me trouver un travail dans une usine. Ma mère avait adoré cela, car elle m’avait aussitôt taxé. Je devais lui donner la moitié de mon salaire, cinq cents francs par mois. C’était pour le loyer et la nourriture, disait-elle.

     

    On pourrait croire que j’avais enfin gagné le droit d’avoir la paix, mais ce serait mal la connaître. Au lieu de cela, mes week-ends étaient à son service. Je devais l’aider et quand elle en avait fini avec moi, je devais aider mon père à bricoler dans la maison. Mes rares sorties devaient être demandées suffisamment à l’avance.

     

    La plaisanterie avait duré un an. À dix-huit ans, notre rencontre fut le résultat inattendu d’un heureux hasard. Pour une fois, elle n’avait rien prévu pour moi, elle m’autorisa donc à me sauver. J’en profitais pour rejoindre un copain en ville, loin de ma famille de fous.

     

    Arrivé au bar où je m’étais rendu, je t’avais aperçue entourée d’une bande de jeunes gens.  Tu riais à gorge déployée. Je t’avais trouvée très belle, mais pas un instant je n’avais osé penser que tu pourrais t’intéresser à moi. Tu étais repartie, comme tu étais venue, sans même avoir posé ton regard, un seul instant, sur le motard que j’étais alors.

     

    Pour lire la suite :   http://www.lulu.com/shop/maridan-gyres/lamour-comme-unique-horizon/paperback/product-22448948.html

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    6 commentaires
  • Arthur, petit séducteur, est un filou

    Difficile de résister à son sourire

    Véronique adore lui faire des bisous

    Et des câlins ce qui lui fait très plaisir

    Nicolas qui voit cela est jaloux.

    Timide il n'ose pas et il soupire.

    Il aimerait tant, lui aussi, faire le fou,

    Car c'est ce qui donne aux filles l'envie de rire

    Éléonore qui voit ça le trouve trop chou

    Songeuse, elle a décidé de le séduire.

    ADVENTICES CHEZ LENAIG

    Maridan 23/05/2018

     

    Pour suivre ses défis c'est ici : Les défis de Lénaig

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    4 commentaires
  • Sujet 1 – lipogramme sans i

     

    Mon texte pour l'atelier 11

    Oseras-tu avancer prudemment, jusqu’à me serrer dans tes bras ? Pour ma part, j’espère t’embrasser goulûment. Jouer avec ta part d’ombre, enflammer tes sens, jusqu’au moment où tu me demanderas grâce.

     

     

    Alors, peut-être que clémente, tu me trouveras offerte sur ce canapé où nous avons tellement joué la bête à deux dos.

     

     

    Cependant prends garde à ne pas m’énerver, car ma colère est très souvent sanglante et nul ne peut se vanter d’y échapper. Alors mon tendre amant que préfères-tu ? L’amour ou la guerre ?

     

     

     

     

    Sujet 2 et 3 la ronde de mots sur le thème de la vérité

    Mon texte pour l'atelier 11

     

     

     

    Un vent sauvage soufflait sur sa vie. Au début, il avait juste eu envie de liberté. Il avait très vite vu l’hostilité que son changement avait opérée sur ceux qui l’entouraient. Pourtant au début c’est le hasard qui l’avait conduit sur cette voie. Il était dans son potager quand le facteur lui avait remis cette fameuse lettre. Il l’avait ouverte et toute son existence avait été dévastée. Son enfant, sa fille unique était morte. Morte pour sauvegarder une paire de chaussures qu’un voleur à la tire avait tenté de lui voler.

     

     

    Enfin, c’était ce que lui avait dit sa femme au téléphone. Il était divorcé depuis plus de deux ans et n’avait sa fille qu’une semaine par mois. Cela l’avait anéanti, il ne s’était pas rendu à l’hôpital, la seule échappatoire qu’il avait trouvé à son malheur, c’était sa bouteille de rhum. En tant qu’ancien alcoolique, il n’aurait jamais du reprendre. Il avait passé trois jours hors du temps. Le temps avait passé. Il avait fini dans la rue.

     

     

    Là, il avait rencontré une bénévole qui petit à petit l’avait remis sur le chemin de la guérison. Il avait appris à ne plus boire, à se débrouiller seul. Il avait changé de ville, trouvé de nouveaux amis, repris un travail jusqu’à ce matin-là, où un gars lui avait raconté l’histoire d’une femme qu’il avait fréquenté et qui avait fait volé la vie de son ex-mari en éclat, à cause d’un bracelet de diamants qu’il avait récupéré avant de divorcer.

     

     

    Il avait compris aussitôt que sa fille  était surement encore en vie et que sa garce de femme lui avait volé cinq ans de la vie de son enfant. Il demanda à l’homme s’il accepterait de témoigner. Il rassembla d’autres preuves et monta un dossier pour la justice. Lorsque que sa fille qui venait de fêter ses seize ans appris qu’il était encore vivant, elle apporta, elle aussi, son témoignage. Sa femme fut déchue de son droit de garde qui à la demande de sa fille lui fut attribué.

     

     

    Depuis, ils vivent ensemble et rattrape le temps perdu en faisant chaque samedi un tour de barque au Bois de Boulogne.

     

    Maridan 22 mai 2018

     

     

     

     

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  • 1er sujet : écrire un lipogramme sans i

    2ème sujet : écrire un texte sous la forme qui vous convient avec pour thème la vérité

    3ème sujet : ronde de mots :

     

    Sauvage, liberté, barque, hasard, hostilité, potager, chaussures, bouteille, histoire, bracelet

     

    Ils ont répondu aux défis de l'atelier N°10

    ChatonDaniel

    Ghislaine

     

     

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  • L’amour pour seul horizon

     

    Derrière les amoureux, un beau ciel bleu. Issue du peuple des fées, Blanchette a dû fuir pour échapper à la mort de son amour. Le trou perdu, où ils se sont cachés, les comble de bonheur. Tout autour d’eux, ses amis les papillons ne l’ont pas abandonnée. Ils volent et caracolent comme une bénédiction du sentiment qui les lie. Parfois dans un sursaut, la petite fée est prise d’une folle envie de voler, mais pour pouvoir avancer vers son amour, elle a dû renoncer à ses ailes. Elle a préféré partir du pays des fées. Aujourd’hui à défaut de voler, elle a appris à marcher. De toute façon, la vie sans Bruno l’aurait empêchée de respirer. Il est son ciel, sa terre et son oxygène.

     

    Il l’avait conquise avec quelques mots simples : « Si je pouvais réaliser mes rêves, je demanderais aux fées de m’accorder ta jolie main » son chien avait aboyé avec frénésie comme s’il lui disait que lui aussi était d’accord avec lui. Même son petit chat gris, très bon chasseur, avait abandonné l’oiseau qu’il pourchassait pour venir se frotter aux jambes de Blanchette. Lors de la migration annuelle des elfes, Bruno avait fait part de son espérance au roi des elfes, mais celui-ci l’avait chassé de son royaume. À présent, les deux tourtereaux s’en moquaient, car leur bel amour valait bien tous ces sacrifices.

     

     

    Maridan 17/05/2018

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  • Merci aux participants de l'atelier N° 9, vous pouvez découvrir leurs textes en cliquant sur leurs noms.

    Jak

    Ghislaine

    Maridan

     

    Atelier 10 - 2018

    1) exercice : Ecrire en 10 minutes ce que vous inspire cette photo.

     

    2) Avec les 5 mots et les 5 verbes suivants, composer un texte. Vous avez la possibilité de ne pas tous les utiliser : bleu, peuple, mort, trou, sursaut, voler, avancer, partir, marcher. respirer.

     

    3) même exercice avec les mots suivants : chien, oiseau, chat, migration, espérance, et la phrase suivante : "Si je pouvais réaliser mes rêves ……. "

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  • Mon cher et si tendre amour

    A t’attendre, je me suis desséchée

    Louis est passé me faire la cour

    Inutile de te dire que j’ai foncé.

    Caresser son corps d’athlète,

    Introduire ma langue dans sa bouche

    Et j’ai senti mon cœur faire la fête.

    Ulcéré, tu l’es de voir ma jolie touche.

    Seulement c’est trop tard !

    Et je file avec mon motard.

     

    Maridan

     

    Pour découvrir le blog c'est ici : http://leblogdelenaig.over-blog.com/2018/05/malicieuse-mot-n-7-pour-le-jeu-des-acrostiches-en-attendant-jill-lenaig.html

     

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  • 1er sujet : Ronde de mots :

    statue, espérance, robe, livre, détester, aventure, baromètre, chat, hurlement, justicier.

    Atelier 9

    2ème sujet : écrire une poésie à partir de cette image

     

    Cette semaine, personne n'a relevé les défis de l'atelier N° 8 

     

     

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  • Elle observait l’individu passablement énervé qui lui faisait face. Elle n’allait pas perdre son temps à jouer les compréhensives. Depuis des années elle le laissait rêver, tirer les manettes pour ce maudit projet qui lui avait coûté tous leurs sous et au final ils se retrouvaient, tous les deux, traités de bandits par les journaux à scandales et autres vilipendeurs.

    Lui, pas du tout intimidé par la meute de journalistes affamés de ragots, déçus de ne pas le voir penaud devant leurs accusations, les regardait comme le ferait un psychiatre devant des fous dangereux.

    Finalement, il allait encore s’en sortir. Elle remonta dans la voiture et prit le chemin du retour. Elle avait fait ses bagages et elle laissait son escroc se débrouiller seul face à la justice. Elle avait décidé de reprendre une vie ordinaire.

    Maridan 5/05/2018

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